Un 44ème objet pour mon anniversaire

Cette semaine ça va faire un an je vis avec les 43 objets c’est un peu comme anniversaire. Alors forcément il y a plusieurs choses à dire. La première c’est qui me faut prendre une décision sur ce fameux 44ème objet. J’ai eu 44 ans il y a maintenant quatre mois, et depuis quatre mois je tourne la question dans tous les sens.

Un objet de plus ou un objet de moins?

Premier réflexe, Évidemment, rajouter un 44ème objet c’est la solution la plus naturelle, celle qui s’inscrit le mieux dans la continuité de mes 43 ans avec 43 objets. D’innombrables questions autour de moi ont porté sur cette idée. On me disait : «À 80 ans tu auras donc 80 objets, mais c’est justement là où tu en auras le moins besoin ! » et de soulever nombre de sarcasmes! Par chance je suis parfaitement étanche à la moquerie, et je me moque de ce que les gens pensent de moi en mal et de ce que je fais qui les dérange.

Cette idée de rajouter un objet chaque année ne m’a jamais vraiment convaincu, et c’est pourquoi j’ai différé depuis quatre mois ma décision. La vérité c’est que je me suis parfaitement installé dans une vie joyeuse, simple et élégante avec mes 43 objets. Finalement l’idée d’un objet en plus m’embarrasse un peu.

J’ai aussi eu l’idée d’enlever un objet chaque année. Mais de la même manière cette idée arrive à une difficulté dans l’autre sens. C’est-à-dire qu’à 80 ans je n’aurai plus que 3 objets. De surcroît il faut bien avouer que je serais bien en difficulté trouver celui des 43 qu’il me faudrait abandonner. Exit donc cette piste.

La réponse était évidente

La réponse toute naturelle m’est venue pendant l’été. S’est imposée comme une évidence. Il y un livre que j’affectionne tout particulièrement. C’est un livre que j’ai déjà lu 5 ou 6 fois. Un livre intemporel, un chef d’oeuvre de la littérature contemporaine. Un livre que j’ai en plusieurs exemplaires dans plusieurs éditions,  une toujours sur ma table de nuit. Un livre dont j’ai relu des passages à voix haute, et recopié des phrases dans mes innombrables carnets, dont j’ai corné les pages tant et plus.

Alors finalement comme ce livre fait à ce point partie de moi, et comme je l’aurai toujours, bien après mes 80 ans. Alors j’ai décidé qu’il deviendrait mon 44ème objet! Cette idée s’est imposée comme une évidence. Elle s’est posée devant moi avec la délicatesse d’une plume, c’est le cas de le dire! Il fallait simplement lui laisser le temps d’arriver.

L’inutile c’est important

J’aime cette idée car c’est un objet parfaitement inutile. Il ne sert à rien. Il ne me tient pas chaud l’hiver, il ne fait pas d’ombre l’été. Il est plutôt un peu lourd, et pas vraiment pratique à mettre dans son sac l’été. Mais voilà c’est un livre extraordinaire. Il porte un titre qui n’est pas sans sans rapport avec ma démarche minimaliste. Il s’agit de « Vies Minuscules » de Pierre Michon.

C’est un livre riche qui parle de choses simples, de la vérité de nos vies, de l’humilité dans chaque paupière lorsque nos yeux se portent sur le monde. Voilà mon 44ème objet. Il est inutile. Il ne sert à rien. Et moi il a changé ma vie il y a maintenant plus de 10 ans.

Les 21 objets d’un été léger

Été 2018

« Pour vivre heureux vivons léger »

Telle est la devise du Journal Minimal. Depuis un an j’avais pris cette phrase uniquement dans son sens minimaliste. Et j’avais depuis bientôt un an limité mes affaires à 43 objets. Cet été je choisis d’explorer cette maxime au sens premier du terme, c’est-à-dire au sens de légèreté. Parmi mes 43 objets, j’en ai sélectionné 21 pour toutes les vacances, avec comme seule idée celle de faire léger.

Tout dans un seul sac

Déjà c’est la base: que tout ne tienne que dans un seul sac. Mon tout premier objet est donc mon sac à dos Patagonia 20 litres ultra léger. Viennent immédiatement carnet et stylo qui ne me quittent jamais. On est déjà à 3 objets. 2 t-shirts plus mon t-shirt de running, oui j’avoue c’est du grand luxe. 1 short, 1 maillot et ma fidèle fouta. Fouta qui reste de loin mon objet préféré tant elle est polyvalente. Je l’avais achetée sur le marché de Saint-Tropez, on est minimal bobo, ou on l’est pas! Avec mes chaussures de trail on est déjà à 10 objets et à peine 1 kilo!

Peu de choses et beaucoup de plaisir

Viennent maintenant les petits à côté qui font du bien: mes 3 paires de chaussettes, ma brosse à dent et son petit pot de dentifrice sec en poudre (home-made), parfum, lunettes de soleil, pantalon, poncho pour le vent et la pluie à 3000m d’altitude c’est autant du confort que de la sécurité. Ajoutons mon téléphone. Sur l’image il est ouvert à la page du Journal Minimal #must 😉 Et nous voilà donc à 19 objets pour l’été.

Même avec peu il reste du superflu

Voilà maintenant les 2 objets parfaitement accessoires qui ne m’ont toujours pas servi après 10 jours de vacances: 2 caleçons. Oui je sais que ça va faire débat! Mais un short l’été est ma principale tenue. Rajouter un caleçon dessous ne présente aucun intérêt. Alternant avec un maillot de bain, et dormant nu, les caleçons sont parfaitement superflus.

À aucun moment de ces 3 semaines, une en randonnée en altitude, 1 en moyenne montagne et une en mer, je n’ai l’impression de manquer de quelque chose. Ni bien entendu de me priver. J’ai déjà trouvé et lu 3 livres en refuge et gîtes: le récit du Vendée Globe d’Yves Parlier, Salambo de Flaubert et « Écoutez nos défaites » de Laurent Gaudé.

Gagner du poids c’est aussi gagner du temps

Au final 21 objets, 100g chacun pour faire 2,1kg et passer un été léger. Et le résultat de tout ça c’est: 15 minutes pour faire mon sac au depart de Paris, 2 minutes pour le faire chaque matin, 1mn pour le défaire chaque soir, 3 secondes pour le ranger dans le train, 1 seconde pour le mettre sur mon dos et partir en marchant. Tranquillement. Donc au final un gain de temps inouï chaque jour et chaque semaine de ces maxi-vacances!

Non vraiment, plus ce serait trop!

Le minimalisme, un acte politique radical (1)

Minimalisme un acte radical

Chers amis, pourquoi le minimalisme est-il un acte politique radical?

Le minimalisme, un acte radical

On l’a vu le minimalisme prend son inspiration profonde dans la conscience aiguë de que les ressources à notre disposition sont limitées; et que si nous voulons continuer à en profiter, toujours plus nombreux, ou si tout simplement nous souhaitons léguer à nos enfants un monde aussi bien que celui que nous avons connu, alors il est très nécessaire d’en préserver les ressources. Cette manière d’être là est un acte radical. Une disruption profonde. Un acte radical qui va se décliner en de multiples terminaisons qui vont guider et structurer notre action.

Un corolaire premier corolaire est évidemment économique: le nombre des objets, leur usage et leur réemploi, en amont de ça le questionnement sur le fait de les acheter neufs, leur provenance, le coût écologique de leur production, les modalités de leur distribution; en aval le recyclage, la réparation, le cycle de fin de vie. Ce sont toutes les externalités. Peut-être si vous êtes courageux les amis, aura-t-on le temps d’en reparler 😉
Quels sont les corolaires esthétiques? Porter peu de vêtements, disposer pour toutes nos activités de peu d’objets. Faire avec l’essentiel, ajuster le geste à l’outil, affiner la précision de nos manières de faire telle ou telle chose. Je cours, j’ai une paire de chaussures, elles ne sont pas spécialisées pour tel ou tel type de bitume ou de chemin, ce sont juste des chaussures. Elles font du mieux qu’elles peuvent. Elles ne courent pas à ma place, c’est moi qui cours. Elles ne m’assistent pas, c’est moi qui pose mon pied. Elles ne suppléent à rien que je ne puisse faire moi même. Dans ce sens là le minimalisme est une esthétique.

Sur quel pied danser?

Je n’ai qu’un short, et je cours; c’est l’hiver, j’ai froid. Oui c’est normal car c’est l’hiver. Cette simple phrase peut paraître presque idiote. « Je cours, c’est l’hiver, j’ai froid » et pourtant elle est fondamentale. Déjà dans sa forme est elle minimaliste. Dans ce qu’elle nous dit elle relie ma décision « je cours », avec son environnement « c’est l’hiver », et son corollaire « j’ai froid ». Et les trois éléments forment le fondement de mon acte politique. D’abord la décision, le projet, la volonté. Ensuite l’environnement, les conditions, et le milieu. Enfin le corollaire, ressenti, assumé, comme la part entière des deux propositions qui le précèdent. Une seule et même chose. C’est un peu abstrait, je m’explique.

« Je cours », c’est ma décision, mon souhait, mon plaisir. J’aime courir, ou je dois courir. Pour un milliard de raisons il faut que je cours. Pour faire plaisir à ma femme, à une certaine conception de l’élégance qui me veut svelte en toutes circonstances. Pour afficher mon kilométrage sur les réseaux sociaux. J’ai décidé de courir, et donc je m’équipe d’une foule d’accessoires pour assoir ma décision. Ma volonté se technicise, elle s’étoffe de technologie. Je monitore mes PPM, j’atteins ma VMA, je log les coordinnées GPS, je triangule le WIFI, le maîtrise le RPS. Cette vision technicienne repose sur le prima de la volonté, elle vise à suppléer à la décision. Je cours c’est ma décision souveraine, la technologie m’aide moins à contrôler l’environnement – je ne réchauffe pas la température extérieure, l’hiver reste bien l’hiver – qu’à étendre ma volonté et dépasser la nature.

« J’ai froid », ah oui c’est embêtant ce froid. Ces petits points sur la peau, ce frisson qui me parcourt jusqu’en bas du dos. Je tremble comme un poney dans le sousbois, couvrant les oreilles, rassemblant mes bras, collant ma peau à ma peau, soufflant dans mes mains. Un T-shirt à manches longues en Lycra, un bonnet en membrane respirante de préférence, un collant ergonomique, un short Nike sur le collant, des manchons de compressions pour faire revenir le sang, un K-Way en GoreTex, des gants, des chaussures Asics, des chaussettes double couche. Le froid?! À d’autres! Le froid ne passera pas par moi. J’altère ma sensation. Je me préserve de l’environnement. C’est le prima de l’action.

Manifestement ces deux chaussures là ne vont pas me permettre d’aller très loin.

Le prima de l’environnement

« C’est l’hiver » il fait trop froid, on ne va pas courir. Courir c’est pour l’été ou le printemps. L’hiver est une terre gelée, un sol nu. Au printemps viendront les semis, les frondaisons sur le feuillage renaissant. Au début de l’été les moissons, et une lente décroissance vers l’automne de la terre, la raideur des feuilles et le retour du sommeil de l’hiver. Il fait trop froid n’allons pas courir. C’est le prima de l’environnement sur l’action. Je remets ma course à plus tard, au « bon moment ». Évidemment c’est une position qui n’est plus tellement en vogue et il faut la réhabitiliter!

Dans mon choix de courir, avec mon seul short car c’est le seul vêtement que j’ai retenu dans mes 43 objets, dans ma responsabilité d’aller chercher ce froid sur ma peau, de l’équilibrer avec ma seule chaleur produite par mon pas, je conduis un acte politique radical. J’accèpte le prima de l’environnement plutôt que de chercher à m’en préserver, je conduis toutefois mon action dans son sein, j’accueille la sensation qui en découle. Je prends mes responsabilités comme on dit. Je gère, j’assume. En cette fin d’hiver 2017-2018, je peux dire combien cet hiver a été dur. Dur mais plaisant, joyeux de faire avec le froid, joyeux de faire avec la pluie. Avec les copains nous avons couru 2 fois par semaine, couru dans la neige aussi. Jamais je n’ai été aussi content de retrouver le printemps.
C’était un acte minimal, politique, radical, et source d’une joie immense.

Un marathon de Paris minimaliste

Le marathon version minimaliste

Dans 2 jours se court à Paris la 42ème édition du marathon de Paris. Toutes ces dernières années, l’étalage des courses et des sponsors m’avait un peu fatigué. Depuis 6 mois et le début de mon aventure minimaliste j’avais arrêté de courir avec mon téléphone, avec moultes applications et sans recherche de performance.

La frénésie des courses finit parfois par faire oublier le simple plaisir de courir, d’être avec les potes, de partager les belles découvertes dans la ville. J’avais donc trouvé important de revenir à plus de simplicité, le seul plaisir de dérouler les kilomètres, sans blessures.

Marathon: un pied devant l’autre pendant 42 kilomètres

Et puis je me suis inscrit au marathon de Paris avec pour objectif d’échapper aux intenses préparations, à l’adrénaline survitaminée, aux emails des sponsors. J’ai renouvelé mes chaussures pour être équipé au minimum, et puis basta. Dans 2 jours je pars avec une préparation simple, l’idée de mettre un pied devant l’autre, de voir la ville un dimanche matin pendant 42 kilomètres.

Je ne sais pas encore si je vais relever le pari. J’aime quand les coureurs au large à la voile disent qu’ « être au départ est déjà une première victoire ». Moi j’essaierai d’être à l’arrivée, et entre les deux de prendre du plaisir à faire dérouler cette ville que j’aime tant.

Je suis moyennement préparé, je cours 2 fois 10 à 12 kilomètres par semaine. Un peu plus ces derniers temps, mais guère plus. Je vais partir sans téléphone, sans gels ou capsules qui vont joncher les rues. Je jetterai toutes mes bouteilles d’eau récupérées aux ravitaillement dans les poubelles appropriées.

Enfin j’espère passer une bonne après-midi avec ma femme et mes enfants ensuite. Je veux pouvoir m’assoir sur une chaise et descendre 3 marches sans faire des grimaces de chimpanzé.

Résultat lundi pour débriefer, mais sans flonflons ni trompettes!

Minimalisme et tenue d’hiver

Je me dois de faire un petit article sur mon entreprise minimaliste, confrontée aux rigueurs de l’hiver et du froid. En effet cet hiver 2017-2018 est particulièrement rigoureux. Avec plusieurs épisodes de neige à Paris, et globalement un grand froid depuis plusieurs mois.

Short et T-shirt pour courir

Il y a six mois lors ce que j’ai sélectionné mes articles dans ma liste des 43 objets, nous étions début septembre. C’était la fin de l’été, les vacances n’était pas loin, avec leur quota de plein air, de soleil et de nature. Aussi, en préparant ma liste,  n’avais-je retenu qu’un seul short c’est très léger, et un T-shirt à manches courtes. J’adore être bras nus, sentir le vent sur ma peau. Dans une vie idéale pour moi l’on vivrait nus avec un léger pagne autour de la taille!

J’ai tenu mon engagement sans y déroger. Je suis en train de terminer cet hiver avec un seul short et un Tshirt à manches courtes. Ce qui m’a amené, parfois, à sortir courir par grand froid. Ces expériences ont été riches d’enseignements.

Les bienfaits du froid

Tout d’abord il faut noter que très rapidement, dès les premières minutes d’efforts, le corps monte en température. Après quelques minutes il est parfaitement possible de se maintenir jambes nues et bras nus dans une température extérieure proche de zéro. Donc avec un bon échauffement on peut tout à fait courir dehors en mode ultra léger. Simplement, on veillera à protéger la tête et les mains dans les 10 premières minutes de l’effort.

Ensuite il faut vraiment garder en tête que, même si on ne ressent pas le froid, il est quand même là. Il faut surtout se couvrir immédiatement après l’effort, ou alors plonger dans un sauna brûlant. Il faut veiller à ne pas faire de trop longues pauses. Car alors le corps se refroidit très vite et il peut être très compliqué de repousser le froid et de se remettre en température.

Cette expérience minimaliste à l’épreuve de l’hiver est très intéressante. Elle permet de repousser un peu plus loin les limites. Ce qui n’est pas un objectif en soi, car un peu toujours repousser ses limites plus loin, et ce ne serait pas respectueux de son corps.

Mieux connaître ses possibilités, prendre du plaisir

La contrainte minimaliste a permis d’étendre le champ des possibilités. Oui on peut courir sur la neige avec des chaussures de running. Oui c’est froid, et humide. Oui on peut profiter de l’extérieur par grand froid, avec le même plaisir.

Vivre aligné avec ses convictions est motif d’une grande sérénité, et d’une grande joie. Sans prise de risque bien sûr, et toujours avec prudence, il est très plaisant de se découvrir de nouvelles possibilités. De faire fi des apriori, ou des modes, ou des tendances. Être simplement quelqu’un, présent à tout ce qui arrive, présent aux éléments qui entourent, présent aux autres, et aussi présent à soi. Ce qui finalement n’est pas si fréquent.

Mobile world excess

À l’occasion d’un déplacement professionnel à Barcelone, au Mobile Word Congress, j’entame une réflexion autour du minimalisme et de tous les objets électroniques connectés.

Mobile world excess

Dans l’esprit du minimalisme il y a l’idée de faire avec moi. Moins d’objets, moins de liens qui nous privent d’un temps précieux. D’un temps pour soi, et pour notre rapport aux choses. Le minimalisme c’est retrouver de l’espace, et de la clarté dans tout ce qui nous entoure. C’est se désencombrer (decluttering), faire de la place.

Les objets connectés fonctionnent exactement à l’inverse. À commencer évidemment par nos mobiles. Ils sont les artisans d’un maillage permanent avec ce qui nous entoure. Toutes nos applications cherchent en permanence à nous ramener à elles. Dès qu’un nouveau message WhatsApp arrive j’ai une notification. Dès qu’un nouveau contenu est publié sur Twitter j’ai une petite pastille qui s’allume sur mon téléphone. Se concentrer sur un sujet pendant plus de quelques minutes est devenu une véritable guérilla électronique.

Slow mobile in progress

J’ai essayé de réduire mon utilisation du mobile, dans une optique minimaliste, tout en restant évidemment très connecté au monde qui m’entoure.

Tout d’abord, j’ai réduit le nombre d’applications sur mon téléphone. J’ai fait une page pour les applications de couleur verte, une pour les bleues, une pour les rouges une pour les oranges les noirs et les blanches. Pour chaque page j’ai dû éliminer toutes les applications superflu. Celle dont je me servais très peu.

Ensuite j’ai enlevé tous les éléments de la première page de mon téléphone. Si bien que quand je l’allume je ne vois rien d’autres qu’une douce image de fond. Une image apaisante qui me fait du bien.

Après je suis allé dans les réglages pour supprimer  toutes les notifications qui ne sont pas strictement nécessaires. Pour moi seul les SMS m’apparaissent comme nécessaires. Aucune notification de nouvel e-mail. Aucune notification d’un nouveau message WhatsApp. Aucune notification d’aucun réseau social. D’aucun journal, d’aucun fournisseur de contenu. Maintenant c’est moi qui fais la démarche d’aller consulter mes Like sur Instagram, ou mes nouveaux followers sur Twitter.

C’est moi qui choisis d’aller où je veux, j’ai fait de la place et j’ai retrouvé de l’espace. J’ai retrouvé du temps, et de la liberté avec,  et surtout sans mon mobile. J’en suis très content, c’est beaucoup plus calme. Je pense que nous gagnerions à faire avec modération dans nos usages connectés, et en particulier à éduquer nos enfants dans cette voie.

Saint Valentin, soyons des amants, pas des clients!

Amants, mais pas clients!

Chaque année revient ce fameux 14 février avec la fête de la Saint Valentin. Fête des amoureux, l’occasion de penser à faire un bon restau, un petit cadeau, une attention particulière. Bien sûr chacun peut adapter ou non l’idée, en fonction de son inspiration et de son humeur.

Du coté des marques c’est une tout autre affaire, une affaire de gros sous. Une bonne occasion de se redémarrer l’année une fois la grand messe des fêtes passée. L’occasion de déchainer à nouveau les passions de la grande consommation.

Ouvrez votre navigateur il y a de grandes chances pour que celui-ci ait déjà complètement redesigné sa page. Pour le cas où vous auriez oublié. Tapez Saint Valentin dans le champs de recherche, une avalanche de résultats sponsorisés apparaissent alors.

L’image ci-dessous est celle que Google a mise en ligne sur le portail français. J’ai vérifié dans beaucoup d’autres langues. Ce n’est que sur les portails des pays de l’ouest que sortaient des images de la Saint Valentin! C’est donc qu’à certains endroits, en fonction de l’actualité, on veut venir massivement atteindre nos vies et toucher nos émotions.

Image du moteur de recherche Google

Ne peut-on pas nous laisser nos petites fêtes intimes, nos moments privilégiés, en dehors de la grande patûre marketing? Les restaurants sont bondés ce jour-là, parfois des menus sur-vendus et de moindre qualité.

Simplicité et discrétion pour nos émotions

J’aime faire plaisir à mon amoureuse à des moments justement décalés. C’est peut-être rare, mais au moins elle sait que ce n’est dicté par aucune convention. Choisir des resto justement quand il y a le moins de monde. Pour discuter plus tranquillement. Nos émotions ne sont-elles pas plus justes quand elles sont plus discrètes?

L’amour est une chose rare entre les êtres. Quand il est là il est fragile. Le préserver est un combat de chaque instant. Alors oui célébrons, mais faisons l’amour le 14 février, soyons tous des amants, pas des clients!

Mon premier Noël minimaliste

Quatre mois après le début de mon expérience minimaliste, il est temps de faire un premier point et un bilan.

L’habitude minimaliste

La première chose à dire, c’est d’abord l’habitude. L’habitude qui s’est installée, tranquille et durable. Je crois qu’aujourd’hui il me serait plus difficile de revenir en arrière. De racheter beaucoup de vêtements, hésiter à nouveau de longues minutes devant ma penderie chaque matin. J’ai l’impression que c’est un chemin dont on ne revient pas, et c’est très bien.

L’habitude c’est la mienne, mais c’est aussi celle des autres. Autour de moi en famille, ou au travail, on s’est habitué à me voir presque toujours dans les mêmes vêtements.  Je développe des stratégies incroyables pour apporter un peu de variété avec très peu de choses. Par exemple, parfois je mets ma chemise bleue à l’intérieur du pantalon, et le lendemain je la repasse à nouveau, et cette fois je la laisse à l’extérieur du pantalon. Ça a l’air de rien comme ça, mais le style change complètement.

J’avoue aussi que parfois j’ai fait des mélanges qui étaient plus que contestables!

Quelle hotte pour un Père Noël minimaliste

Forcément cette aventure minimaliste un gros impact sur des périodes comme celle de Noël, où tout est fait pour nous faire consommer le plus possible. Moi je suivi quelques principes simples. Parce qu’ils sont très importants pour moi.

J’essaye toujours de faire des beaux cadeaux, ce qui ne signifie pas des cadeaux très chers. Cela signifie soit quelque chose que moi j’aimerais vraiment avoir, soit quelque chose dont je sais que ça va faire très plaisir à la personne à qui je le destine.

Par exemple j’adore ma ville de Paris, et les façades des immeubles, de toutes les époques. J’ai trouvé un petit livre qui s’appelle « Grammaire des immeubles parisiens » et je suis très content de l’offrir à quelqu’un dont je sais que ça pourrait lui faire plaisir. Évidemment j’adorerais avoir ce livre.

Le deuxième conseil, c’est de faire des cadeaux proportionnés à l’affection que l’on a pour les gens. Il est normal qu’il y ait des personnes qu’on aime moins que d’autres. Et donc il est normal que ces personnes reçoivent des cadeaux un peu moins conséquents. Voir pas de cadeau du tout.

Et dans mes petits souliers sous le sapin en carton?

J’y reviendrai, car cela mérite vraiment un article à part entière. Mais disons déjà que j’ai suivi les principes que je m’étais fixé au départ. C’est-à-dire que j’ai accepté tous les cadeaux que l’on m’a fait. Que chaque cadeau a nécessairement fait sortir un article de ma liste des 43 objets.  Je vais donner un seul exemple : ma femme m’a tricoter une écharpe fabuleuse, un truc incroyable que je décrirai plus longuement. Forcément elle est venu remplacer mon écharpe qui figurait depuis trois mois dans ma liste 43 objets.

Mon beau sapin, roi des forêts

La mode du sapin de Noël est une soustraction aberrante sur les ressources naturelles. 5’000 hectares de sapins mettent 3 semaines à mourir après 10 ans de croissance. C’est mon petit post de Noël. Avec des épines!

Simple mode ou véritable tradition?

A Noël chaque année nous avons l’habitude de mettre un sapin de Noël dans nos salons. Cette mode est vraiment très étrange, car les sapins sont des vivants de la nature. Ils vivent dans des forêts, sur des terrains qui leur conviennent, plutôt en altitude. L’hiver ils peuvent s’accommoder de températures bien en dessous de 0, mais pas de celles de nos intérieurs. Ils peuvent se charger de neige, mais pas vraiment de guirlandes et de cadeaux.

Il n’est pas question pour moi d’être trop rabat joie bien sûr. Nous avons besoin de joie et de chaleur. Mais la joie est un peu ternie si elle a dû arracher un arbre de la forêt non? Surtout que Noël est plutôt la fête du plastique qu’une célébration de la nature. A peu près tout est en plastique dans les décorations de Noël. Les boules, les guirlandes, la fausse neige, la plupart des cadeaux.

10 ans pour vivre dans la nature, 3 semaines pour mourir dans nos salons

10 ans dans la nature, c’est le temps qu’il faut à un sapin pour grandir dans la nature. 3 semaines c’est le temps qu’il met à mourir dans nos intérieurs, mourir de chaud, et de soif. Un sapin mort est tout marron et perd ses aiguilles. Comme on n’aime pas trop ça, alors on a fabriqué des variétés qui ne perdent pas leurs aiguilles, et qui se flétrissent en ne perdant que leur brillant.

Personnellement j’habite dans le 15ème arrondissement de Paris. C’est le plus grand arrondissement de Paris, et il y a plus d’habitants dans mon arrondissement que dans la ville de Bordeaux. Si on ne compte qu’un sapin pour 3 personnes il faut ratiboiser l’équivalent de 2 terrains de football. Et ensuite il faut les acheminer en camion jusque dans nos rues.

Si on imaginait un seul instant le trajets inverse cela donnerait 240’000 personnes qui partiraient en voiture début décembre avec des haches. Ils iraient ratiboiser une forêt qui aurait la taille du Parc de Princes et puis du Stade de France. Réunis. Autour il y aurait 20 autres terrains de football, une immense forêt où seraient les 80’000 autres sapins à abattre pour les prochaines années. Si on applique ce raisonnement à l’ensemble de la France c’est 5’000 hectares qui sont détruis chaque année, plus que tous les incendies du sud de la France l’été dernier!

Du temps de sapin effectif

Au mois de décembre, entre le boulot, les horaires tardifs, et les longs préparatifs, finalement on n’aura pas passé beaucoup de temps avec notre ami sapin. Et puis la plupart d’entre nous allons partir durant les fêtes de Noël. Plusieurs jours, chez mamie et papi, ou dans la belle famille. Sur place, un sapin bien sûr, what else! Et pendant ce temps à la maison sapin sera tout seul, surchauffé et assoiffé. Finalement nous allons consommer chacun une bonne demi-douzaine de sapins. Celui de la maison, celui de l’école, celui du boulot, celui de l’immeuble, de la boulangerie, celui du rond point, celui de mon agence bancaire. Quand nous rentrerons des vacances de Noël il aura déjà perdu de sa superbe. Il aura paraît-il fait la joie de tous, incarné l’esprit de Noël, égayé notre séjour, ployé sous les cadeaux pour nos enfants, fait l’admiration de nos amis. Mais déjà il sera temps déjà de le jeter. Comme un déchet, parmi nos poubelles. Les éboueurs ne le prendront pas car c’est un « déchet vert ». Il jonchera les rues pendant des semaines.

Ressources: 

Fabriquer son sapin de Noël soi-même en carton

https://treezmas.com

Ma vie avec 43 objets prend ses cliques et ses claques

Téléphone ou ordinateur

Qui peut le Minimal, peut le maximal

Bonjour à vous si vous arrivez sur cette page. Les aventures de la vie minimaliste avec 43 objets ont trouvé une oreille attentive et amusée chez Le Journal Minimal. Aussi le récit paraîtra-t-il dans cette formidable publication bi-hebdomadaire.

Aujourd’hui je crois qu’on n’en est plus à des initiatives exotiques et individuelles. L’exotisme a laissé la place à des actions déterminées, et nombreuses. Le temps est venu à l’agrégation des actions pour montrer la puissance de cet élan. Le Journal Minimal a cette vocation depuis maintenant 3 ans.

Le Journal Minimal c’est ici