Les 21 objets d’un été léger

Été 2018

« Pour vivre heureux vivons léger »

Telle est la devise du Journal Minimal. Depuis un an j’avais pris cette phrase uniquement dans son sens minimaliste. Et j’avais depuis bientôt un an limité mes affaires à 43 objets. Cet été je choisis d’explorer cette maxime au sens premier du terme, c’est-à-dire au sens de légèreté. Parmi mes 43 objets, j’en ai sélectionné 21 pour toutes les vacances, avec comme seule idée celle de faire léger.

Tout dans un seul sac

Déjà c’est la base: que tout ne tienne que dans un seul sac. Mon tout premier objet est donc mon sac à dos Patagonia 20 litres ultra léger. Viennent immédiatement carnet et stylo qui ne me quittent jamais. On est déjà à 3 objets. 2 t-shirts plus mon t-shirt de running, oui j’avoue c’est du grand luxe. 1 short, 1 maillot et ma fidèle fouta. Fouta qui reste de loin mon objet préféré tant elle est polyvalente. Je l’avais achetée sur le marché de Saint-Tropez, on est minimal bobo, ou on l’est pas! Avec mes chaussures de trail on est déjà à 10 objets et à peine 1 kilo!

Peu de choses et beaucoup de plaisir

Viennent maintenant les petits à côté qui font du bien: mes 3 paires de chaussettes, ma brosse à dent et son petit pot de dentifrice sec en poudre (home-made), parfum, lunettes de soleil, pantalon, poncho pour le vent et la pluie à 3000m d’altitude c’est autant du confort que de la sécurité. Ajoutons mon téléphone. Sur l’image il est ouvert à la page du Journal Minimal #must 😉 Et nous voilà donc à 19 objets pour l’été.

Même avec peu il reste du superflu

Voilà maintenant les 2 objets parfaitement accessoires qui ne m’ont toujours pas servi après 10 jours de vacances: 2 caleçons. Oui je sais que ça va faire débat! Mais un short l’été est ma principale tenue. Rajouter un caleçon dessous ne présente aucun intérêt. Alternant avec un maillot de bain, et dormant nu, les caleçons sont parfaitement superflus.

À aucun moment de ces 3 semaines, une en randonnée en altitude, 1 en moyenne montagne et une en mer, je n’ai l’impression de manquer de quelque chose. Ni bien entendu de me priver. J’ai déjà trouvé et lu 3 livres en refuge et gîtes: le récit du Vendée Globe d’Yves Parlier, Salambo de Flaubert et « Écoutez nos défaites » de Laurent Gaudé.

Gagner du poids c’est aussi gagner du temps

Au final 21 objets, 100g chacun pour faire 2,1kg et passer un été léger. Et le résultat de tout ça c’est: 15 minutes pour faire mon sac au depart de Paris, 2 minutes pour le faire chaque matin, 1mn pour le défaire chaque soir, 3 secondes pour le ranger dans le train, 1 seconde pour le mettre sur mon dos et partir en marchant. Tranquillement. Donc au final un gain de temps inouï chaque jour et chaque semaine de ces maxi-vacances!

Non vraiment, plus ce serait trop!

Saint Valentin, soyons des amants, pas des clients!

Amants, mais pas clients!

Chaque année revient ce fameux 14 février avec la fête de la Saint Valentin. Fête des amoureux, l’occasion de penser à faire un bon restau, un petit cadeau, une attention particulière. Bien sûr chacun peut adapter ou non l’idée, en fonction de son inspiration et de son humeur.

Du coté des marques c’est une tout autre affaire, une affaire de gros sous. Une bonne occasion de se redémarrer l’année une fois la grand messe des fêtes passée. L’occasion de déchainer à nouveau les passions de la grande consommation.

Ouvrez votre navigateur il y a de grandes chances pour que celui-ci ait déjà complètement redesigné sa page. Pour le cas où vous auriez oublié. Tapez Saint Valentin dans le champs de recherche, une avalanche de résultats sponsorisés apparaissent alors.

L’image ci-dessous est celle que Google a mise en ligne sur le portail français. J’ai vérifié dans beaucoup d’autres langues. Ce n’est que sur les portails des pays de l’ouest que sortaient des images de la Saint Valentin! C’est donc qu’à certains endroits, en fonction de l’actualité, on veut venir massivement atteindre nos vies et toucher nos émotions.

Image du moteur de recherche Google

Ne peut-on pas nous laisser nos petites fêtes intimes, nos moments privilégiés, en dehors de la grande patûre marketing? Les restaurants sont bondés ce jour-là, parfois des menus sur-vendus et de moindre qualité.

Simplicité et discrétion pour nos émotions

J’aime faire plaisir à mon amoureuse à des moments justement décalés. C’est peut-être rare, mais au moins elle sait que ce n’est dicté par aucune convention. Choisir des resto justement quand il y a le moins de monde. Pour discuter plus tranquillement. Nos émotions ne sont-elles pas plus justes quand elles sont plus discrètes?

L’amour est une chose rare entre les êtres. Quand il est là il est fragile. Le préserver est un combat de chaque instant. Alors oui célébrons, mais faisons l’amour le 14 février, soyons tous des amants, pas des clients!

Mon premier Noël minimaliste

Quatre mois après le début de mon expérience minimaliste, il est temps de faire un premier point et un bilan.

L’habitude minimaliste

La première chose à dire, c’est d’abord l’habitude. L’habitude qui s’est installée, tranquille et durable. Je crois qu’aujourd’hui il me serait plus difficile de revenir en arrière. De racheter beaucoup de vêtements, hésiter à nouveau de longues minutes devant ma penderie chaque matin. J’ai l’impression que c’est un chemin dont on ne revient pas, et c’est très bien.

L’habitude c’est la mienne, mais c’est aussi celle des autres. Autour de moi en famille, ou au travail, on s’est habitué à me voir presque toujours dans les mêmes vêtements.  Je développe des stratégies incroyables pour apporter un peu de variété avec très peu de choses. Par exemple, parfois je mets ma chemise bleue à l’intérieur du pantalon, et le lendemain je la repasse à nouveau, et cette fois je la laisse à l’extérieur du pantalon. Ça a l’air de rien comme ça, mais le style change complètement.

J’avoue aussi que parfois j’ai fait des mélanges qui étaient plus que contestables!

Quelle hotte pour un Père Noël minimaliste

Forcément cette aventure minimaliste un gros impact sur des périodes comme celle de Noël, où tout est fait pour nous faire consommer le plus possible. Moi je suivi quelques principes simples. Parce qu’ils sont très importants pour moi.

J’essaye toujours de faire des beaux cadeaux, ce qui ne signifie pas des cadeaux très chers. Cela signifie soit quelque chose que moi j’aimerais vraiment avoir, soit quelque chose dont je sais que ça va faire très plaisir à la personne à qui je le destine.

Par exemple j’adore ma ville de Paris, et les façades des immeubles, de toutes les époques. J’ai trouvé un petit livre qui s’appelle « Grammaire des immeubles parisiens » et je suis très content de l’offrir à quelqu’un dont je sais que ça pourrait lui faire plaisir. Évidemment j’adorerais avoir ce livre.

Le deuxième conseil, c’est de faire des cadeaux proportionnés à l’affection que l’on a pour les gens. Il est normal qu’il y ait des personnes qu’on aime moins que d’autres. Et donc il est normal que ces personnes reçoivent des cadeaux un peu moins conséquents. Voir pas de cadeau du tout.

Et dans mes petits souliers sous le sapin en carton?

J’y reviendrai, car cela mérite vraiment un article à part entière. Mais disons déjà que j’ai suivi les principes que je m’étais fixé au départ. C’est-à-dire que j’ai accepté tous les cadeaux que l’on m’a fait. Que chaque cadeau a nécessairement fait sortir un article de ma liste des 43 objets.  Je vais donner un seul exemple : ma femme m’a tricoter une écharpe fabuleuse, un truc incroyable que je décrirai plus longuement. Forcément elle est venu remplacer mon écharpe qui figurait depuis trois mois dans ma liste 43 objets.

Mon beau sapin, roi des forêts

La mode du sapin de Noël est une soustraction aberrante sur les ressources naturelles. 5’000 hectares de sapins mettent 3 semaines à mourir après 10 ans de croissance. C’est mon petit post de Noël. Avec des épines!

Simple mode ou véritable tradition?

A Noël chaque année nous avons l’habitude de mettre un sapin de Noël dans nos salons. Cette mode est vraiment très étrange, car les sapins sont des vivants de la nature. Ils vivent dans des forêts, sur des terrains qui leur conviennent, plutôt en altitude. L’hiver ils peuvent s’accommoder de températures bien en dessous de 0, mais pas de celles de nos intérieurs. Ils peuvent se charger de neige, mais pas vraiment de guirlandes et de cadeaux.

Il n’est pas question pour moi d’être trop rabat joie bien sûr. Nous avons besoin de joie et de chaleur. Mais la joie est un peu ternie si elle a dû arracher un arbre de la forêt non? Surtout que Noël est plutôt la fête du plastique qu’une célébration de la nature. A peu près tout est en plastique dans les décorations de Noël. Les boules, les guirlandes, la fausse neige, la plupart des cadeaux.

10 ans pour vivre dans la nature, 3 semaines pour mourir dans nos salons

10 ans dans la nature, c’est le temps qu’il faut à un sapin pour grandir dans la nature. 3 semaines c’est le temps qu’il met à mourir dans nos intérieurs, mourir de chaud, et de soif. Un sapin mort est tout marron et perd ses aiguilles. Comme on n’aime pas trop ça, alors on a fabriqué des variétés qui ne perdent pas leurs aiguilles, et qui se flétrissent en ne perdant que leur brillant.

Personnellement j’habite dans le 15ème arrondissement de Paris. C’est le plus grand arrondissement de Paris, et il y a plus d’habitants dans mon arrondissement que dans la ville de Bordeaux. Si on ne compte qu’un sapin pour 3 personnes il faut ratiboiser l’équivalent de 2 terrains de football. Et ensuite il faut les acheminer en camion jusque dans nos rues.

Si on imaginait un seul instant le trajets inverse cela donnerait 240’000 personnes qui partiraient en voiture début décembre avec des haches. Ils iraient ratiboiser une forêt qui aurait la taille du Parc de Princes et puis du Stade de France. Réunis. Autour il y aurait 20 autres terrains de football, une immense forêt où seraient les 80’000 autres sapins à abattre pour les prochaines années. Si on applique ce raisonnement à l’ensemble de la France c’est 5’000 hectares qui sont détruis chaque année, plus que tous les incendies du sud de la France l’été dernier!

Du temps de sapin effectif

Au mois de décembre, entre le boulot, les horaires tardifs, et les longs préparatifs, finalement on n’aura pas passé beaucoup de temps avec notre ami sapin. Et puis la plupart d’entre nous allons partir durant les fêtes de Noël. Plusieurs jours, chez mamie et papi, ou dans la belle famille. Sur place, un sapin bien sûr, what else! Et pendant ce temps à la maison sapin sera tout seul, surchauffé et assoiffé. Finalement nous allons consommer chacun une bonne demi-douzaine de sapins. Celui de la maison, celui de l’école, celui du boulot, celui de l’immeuble, de la boulangerie, celui du rond point, celui de mon agence bancaire. Quand nous rentrerons des vacances de Noël il aura déjà perdu de sa superbe. Il aura paraît-il fait la joie de tous, incarné l’esprit de Noël, égayé notre séjour, ployé sous les cadeaux pour nos enfants, fait l’admiration de nos amis. Mais déjà il sera temps déjà de le jeter. Comme un déchet, parmi nos poubelles. Les éboueurs ne le prendront pas car c’est un « déchet vert ». Il jonchera les rues pendant des semaines.

Ressources: 

Fabriquer son sapin de Noël soi-même en carton

https://treezmas.com

Ma vie avec 43 objets prend ses cliques et ses claques

Téléphone ou ordinateur

Qui peut le Minimal, peut le maximal

Bonjour à vous si vous arrivez sur cette page. Les aventures de la vie minimaliste avec 43 objets ont trouvé une oreille attentive et amusée chez Le Journal Minimal. Aussi le récit paraîtra-t-il dans cette formidable publication bi-hebdomadaire.

Aujourd’hui je crois qu’on n’en est plus à des initiatives exotiques et individuelles. L’exotisme a laissé la place à des actions déterminées, et nombreuses. Le temps est venu à l’agrégation des actions pour montrer la puissance de cet élan. Le Journal Minimal a cette vocation depuis maintenant 3 ans.

Le Journal Minimal c’est ici