Un 44ème objet pour mon anniversaire

Cette semaine ça va faire un an je vis avec les 43 objets c’est un peu comme anniversaire. Alors forcément il y a plusieurs choses à dire. La première c’est qui me faut prendre une décision sur ce fameux 44ème objet. J’ai eu 44 ans il y a maintenant quatre mois, et depuis quatre mois je tourne la question dans tous les sens.

Un objet de plus ou un objet de moins?

Premier réflexe, Évidemment, rajouter un 44ème objet c’est la solution la plus naturelle, celle qui s’inscrit le mieux dans la continuité de mes 43 ans avec 43 objets. D’innombrables questions autour de moi ont porté sur cette idée. On me disait : «À 80 ans tu auras donc 80 objets, mais c’est justement là où tu en auras le moins besoin ! » et de soulever nombre de sarcasmes! Par chance je suis parfaitement étanche à la moquerie, et je me moque de ce que les gens pensent de moi en mal et de ce que je fais qui les dérange.

Cette idée de rajouter un objet chaque année ne m’a jamais vraiment convaincu, et c’est pourquoi j’ai différé depuis quatre mois ma décision. La vérité c’est que je me suis parfaitement installé dans une vie joyeuse, simple et élégante avec mes 43 objets. Finalement l’idée d’un objet en plus m’embarrasse un peu.

J’ai aussi eu l’idée d’enlever un objet chaque année. Mais de la même manière cette idée arrive à une difficulté dans l’autre sens. C’est-à-dire qu’à 80 ans je n’aurai plus que 3 objets. De surcroît il faut bien avouer que je serais bien en difficulté trouver celui des 43 qu’il me faudrait abandonner. Exit donc cette piste.

La réponse était évidente

La réponse toute naturelle m’est venue pendant l’été. S’est imposée comme une évidence. Il y un livre que j’affectionne tout particulièrement. C’est un livre que j’ai déjà lu 5 ou 6 fois. Un livre intemporel, un chef d’oeuvre de la littérature contemporaine. Un livre que j’ai en plusieurs exemplaires dans plusieurs éditions,  une toujours sur ma table de nuit. Un livre dont j’ai relu des passages à voix haute, et recopié des phrases dans mes innombrables carnets, dont j’ai corné les pages tant et plus.

Alors finalement comme ce livre fait à ce point partie de moi, et comme je l’aurai toujours, bien après mes 80 ans. Alors j’ai décidé qu’il deviendrait mon 44ème objet! Cette idée s’est imposée comme une évidence. Elle s’est posée devant moi avec la délicatesse d’une plume, c’est le cas de le dire! Il fallait simplement lui laisser le temps d’arriver.

L’inutile c’est important

J’aime cette idée car c’est un objet parfaitement inutile. Il ne sert à rien. Il ne me tient pas chaud l’hiver, il ne fait pas d’ombre l’été. Il est plutôt un peu lourd, et pas vraiment pratique à mettre dans son sac l’été. Mais voilà c’est un livre extraordinaire. Il porte un titre qui n’est pas sans sans rapport avec ma démarche minimaliste. Il s’agit de « Vies Minuscules » de Pierre Michon.

C’est un livre riche qui parle de choses simples, de la vérité de nos vies, de l’humilité dans chaque paupière lorsque nos yeux se portent sur le monde. Voilà mon 44ème objet. Il est inutile. Il ne sert à rien. Et moi il a changé ma vie il y a maintenant plus de 10 ans.

Un marathon de Paris minimaliste

Le marathon version minimaliste

Dans 2 jours se court à Paris la 42ème édition du marathon de Paris. Toutes ces dernières années, l’étalage des courses et des sponsors m’avait un peu fatigué. Depuis 6 mois et le début de mon aventure minimaliste j’avais arrêté de courir avec mon téléphone, avec moultes applications et sans recherche de performance.

La frénésie des courses finit parfois par faire oublier le simple plaisir de courir, d’être avec les potes, de partager les belles découvertes dans la ville. J’avais donc trouvé important de revenir à plus de simplicité, le seul plaisir de dérouler les kilomètres, sans blessures.

Marathon: un pied devant l’autre pendant 42 kilomètres

Et puis je me suis inscrit au marathon de Paris avec pour objectif d’échapper aux intenses préparations, à l’adrénaline survitaminée, aux emails des sponsors. J’ai renouvelé mes chaussures pour être équipé au minimum, et puis basta. Dans 2 jours je pars avec une préparation simple, l’idée de mettre un pied devant l’autre, de voir la ville un dimanche matin pendant 42 kilomètres.

Je ne sais pas encore si je vais relever le pari. J’aime quand les coureurs au large à la voile disent qu’ « être au départ est déjà une première victoire ». Moi j’essaierai d’être à l’arrivée, et entre les deux de prendre du plaisir à faire dérouler cette ville que j’aime tant.

Je suis moyennement préparé, je cours 2 fois 10 à 12 kilomètres par semaine. Un peu plus ces derniers temps, mais guère plus. Je vais partir sans téléphone, sans gels ou capsules qui vont joncher les rues. Je jetterai toutes mes bouteilles d’eau récupérées aux ravitaillement dans les poubelles appropriées.

Enfin j’espère passer une bonne après-midi avec ma femme et mes enfants ensuite. Je veux pouvoir m’assoir sur une chaise et descendre 3 marches sans faire des grimaces de chimpanzé.

Résultat lundi pour débriefer, mais sans flonflons ni trompettes!